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La première femme « Avocat »

Prestation de serment de Mme Petit

La première femme « Avocat »

Depuis longtemps les femmes ont le droit de passer leur examen de bachelier ès lettres ou ès sciences, elles ont aussi celui d'apprendre la médecine et de l'exercer, on leur a permis d'être licenciée et doctoresse en droit. Mais il n'était pas admis qu'elles puissent exercer la profession d'avocat et c'était, on doit en convenir, assez illogique.

Maintenant, la carrière leur est entièrement ouverte, elles peuvent être avocat, peut-être un jour seront-elles juge et cela ne manquera point de piquant.

La première reçue est une Russe née à Kiew, de son nom de jeune fille, Mlle Olga Balachowski, naturalisée française en conséquence de son mariage avec Me Petit, son confrère, avocat comme elle et attaché au cabinet du ministre du commerce.

Ces deux avocats si étroitement liés auront-ils à plaider l'un contre l'autre, pour le compte des autres, bien entendu ? C'est ce que la suite nous apprendra.

Je crois bien qu'il y a un article du règlement qui s'y opposerait, et que ferait appliquer soit le président, soit le conseil de l'ordre.

Mais nous n'en sommes pas là, Mme Petit n'a point encore plaidé, quoiqu'elle en ait le droit, puisqu'elle a prêté serment devant la première chambre de la cour d'appel, présidée par M. Forrichon.

Selon l'usage, la récipiendaire a été introduite par Me Devin, bâtonnier de l'ordre des avocats, elle a produit la meilleur impression car elle est charmante ; avec beaucoup de goût en même temps que de simplicité, elle avait recouvert sa robe de femme de sa robe d'avocat dont avec rien, un simple pli par-ci, par-là, elle avait fait un costume très seyant.

La salle d'audience était, comme on le pense, absolument bondée.

Supplément Illustré du Petit Journal
N° 527 — 11ème Année - 23 décembre 1900

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