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Hippolyte de Villemessant

Le fondateur du « FIGARO »

Il y aurait un volume à écrire sur l’histoire de la fondation du Figaro, et de la période ardue, pleine de luttes et de difficultés qui marqua sa première incarnation : Le Figaro hebdomadaire.
C’était un matin de 1854. On venait de supprimer la Chronique, de M. de Villemessant. Et le propriétaire du journal ainsi assassiné trompait son chagrin en lisant ses confrères au café Véron.

Soudain entre un homme d’allures truculentes, vêtu d’un veston bleu et d’un pantalon à la hussarde qu’il élargissait encore en introduisant son pouce dans ses poches, le chef orné d’un chapeau reluisant à large bords, le revers de l’habit caché par une superbe cravate flottante. C’était Léo Lespès.
On se serre la main, et le nouveau venu s’attable.
— Eh bien, dit Lespès d’un ton de condoléances. Cette pauvre Chronique !
— Hélas !
— Qu’est-ce que vous allez faire ?
— Eh, je n’en sais rien, je suis en train d’y réfléchir. Oh, une idée !
— Voyons
— Si je faisais un journal, pour changer.
— C’est drôle, dit Léo Lespès. Mais en venant, je caressais le même projet.
— Eh bien, si nous le faisions ensemble !
— ça va.
— Alors causons.
On cause, on arrête le plan du journal, son apparence, les matières qu’il contiendra, les cadres de la rédaction ; on discute le prix du panier, le tarif des abonnements. On est absolument d’accord.
On en arrive enfin à baptiser le nouveau-né.
— Comment l’appellerons-nous, dit Villemessant ?
— Cherchons un peu.
— Moi j’ai un titre.
— Ah ! Ah !
— Oui, Le Figaro
Le Figaro ? détestable, mon cher, absurde, niais. Sous la restauration, Roqueplan et H. de Latouche, avec leur esprit, n’ont pas pu le faire vivre, et Alphonse Karr, avec toute sa verve, a été impuissant à le ressusciter. Cherchons-en un autre.
— C’est que, voilà : j’y tiens moi, à mon titre.
— Alors il n’y a rien de fait.
— C’est bien, cher ami, rien de fait.

Si, il y avait quelque chose de fait. Il y avait que l’idée de Villemessant avait définitivement pris un corps, et qu’il allait la mettre à exécution.

Rentré chez lui, il fit sa caisse. Il disposait en tout de quinze cents francs. Ce chiffre joue décidément un rôle fatidique dans l’histoire de certains journaux, comme on s’en convaincra par l’histoire de la Patrie. C’était peu. Le hardi journaliste alla trouver un imprimeur, Chaix ; il obtint de lui de ne payer, pendant les trois premiers mois, que la moitié des factures. Le marchand de papier accepta les mêmes conditions. Villemessant préparait le premier numéro, lorsqu’il reçut la visite de l’annoncier Dollingen.
— Vous faites le Figaro, lui dit celui-ci. Voulez-vous que je m’associe avec vous ?
Villemessant lui ouvrit ses bras.
— Combien mettez-vous dans l’affaire, reprit Dollingen.
— Quinze cents francs.
— C’est bien. J’en apporte autant, plus mon bureau de la rue Vivienne tout prêt, et une clientèle d’annonces.

Et maintenant à l’ouvrage.

Trois jours après, le 2 avril 1854, paraissait le premier numéro du Figaro.

Il était ainsi composé :
Une préface de Jouvin. Une histoire de l’ancien Figaro par Villemessant et Jouvin. Un article sur les Statues de l’Avenir par Jouvin. Une chronique des Beaux-Arts par Louis Enault. Des nouvelles à la main. Un article de mode signé Almaviva et une chronique parisienne d’Auguste Villemot.

L’en-tête comportait une vignette de Valentin, représentant le héros de Beaumarchais, et deux manchettes sur lesquelles on lisait, d’un côté Villemessant et Jouvin, rédacteur en chef, et de l’autre Dollingen, directeur. L’abonnement était de seize francs par an, et le prix du numéro de quarante centimes.

Dès les premiers numéros, la feuille nouvelle eut du succès. Villemessant, en effet, avait bien réellement trouvé une formule neuve, à laquelle le journal est depuis resté scrupuleusement fidèle, et qui consiste à tenir sans cesse le public en haleine par quelque innovation, par le luxe du détail, la rapidité de l’information, la chasse à l’actualité. Villemessant, à l’époque de ses durs débuts, comme aux jours de prospérité, ne dédaigna jamais de mettre la main à la pâte. Et souvent il courait Paris des heures entières pour mettre la main sur un renseignement piquant concernant une personnalité en vue, ou pour dénicher une nouvelle à la main leste et affriolante.

Malgré les dispositions évidemment bienveillantes du public, Dollingen manquait de confiance. Il se demandait s’il n’allait pas se retirer de l’association, lorsqu’un événement qui à cette époque n’avait rien d’imprévu vint peser brusquement sur sa détermination.

Au onzième numéro, Le Figaro récolta son procès.
Or, l’annoncier détestait les procès. Et comme son associé avait l’art de les attirer sur les journaux, il prit une résolution très nette : ou je me retirerai, se dit-il, ou j’aurai le journal sans Villemessant.

Aussitôt il proposa une liquidation à son copropriétaire.
— Voici, lui dit-il : l’un de nous garde le journal, et celui-là rembourse l’autre de son apport.
— Eh bien, d’accord, répondit
Villemessant, j’accepte.
— C’est parfait. Alors, si vous voulez,
je vais vous rembourser vos 1500 francs.
— Ah, non, pourquoi vous ? Il faut d’abord décider à qui restera le journal.
— Mais moi je le prendrais bien.
— Moi aussi, cher ami.
— Alors !
— Alors, pile ou face, hein ? voulez-vous.
— Soit : pile ou face.

On jette une pièce en l’air. Dollingen dit :
Pile ! Elle tombe face. L’annoncier fait une grimace.
— Enfin, le journal est à vous. Maintenant, rendez-moi l’argent.
— Comment donc ! mais immédiatement, cher ami. Voilà, comptez vous-même.
Et en disant ces mots, Villemessant lui remettait quinze billets bleus qu’un débiteur lui avait rendus le matin même.

Sans quoi Le Figaro fût resté à Dollingen. Et alors… il ne serait peut-être pas Le Figaro.

Je ne puis indiquer ici les ingénieux procédés dont le fondateur usa pour donner de la vogue à son journal. J’en cite un entre autres. Il lança dans Paris un bataillon de courtiers qui visitèrent les hôtels, les cafés et les restaurants, faisant aux propriétaires de ces établissements les conditions suivantes : l’abonnement de 16 francs ne vous coûtera que 6 francs, et vous les paierez à la fin de l’année.

Hippolyte de Villemessant

Il donnait à chaque courtier 2 francs de remise par abonnement. Les cafetiers et restaurateurs, séduits par la perspective de ne payer que si le journal paraissait un an, se laissèrent aller et ils mettaient le journal sur leur tables, ce qu’ils n’aurait pas fait si on leur eût adressé un service gratuit. En France nous ne professons aucune estime pour ce qui ne coûte rien.

Les collaborateurs de la première heure furent Jouvin, devenu plus tard gendre du fondateur, Auguste Villemot, Louis Enault, Amédée Achard et Léo Lespès.
La rédaction coûtait 80 francs par numéro. Cette période est féconde en anecdotes de toute espèce. Si je voulais en raconter la dixième partie, le Figaro occuperait à lui seul tout le présent magazine. Toutefois je ne puis résister au plaisir d’en narrer quelques-unes.
La première peint admirablement Villemessant. Elle montre ce qu’il était, bon garçon, mais mystificateur convaincu.
Il avait prêté à plusieurs reprises de l’argent à un de ses amis, M. du C… qui fréquentait le même cercle que lui. À la longue M. du C… était arrivé à lui devoir 500 francs. À partir de ce moment-là il l’évita soigneusement.

Un jour Villemessant le rencontre au coin de la rue Laffite. Il marche droit à lui et l’arrête.
— Ecoutez, mon cher du C…, lui dit-il, depuis que vous me devez cinq cents francs, vous m’évitez. Je ne rentre pas dans mon argent, et je ne vois plus mon ami. Ce n’est pas juste. Ou rendez-moi l’argent, ou rendez-moi l’ami. Tenez, je vais vous proposer un arrangement. Au cercle je ne vous demanderai jamais rien. Je sais que vous prétendez que cela vous porte malheur de rendre même un sou sur l’argent que vous avez devant vous. Mais partout ailleurs, si vous voulez, vous me rendrez deux louis chaque fois que nous nous rencontrerons.
M. du C… accepta l’arrangement. Il se promettait, à part lui, de rencontrer Villemessant le moins souvent possible. Il est juste d’ajouter que son créancier se faisait, in-petto, la promesse contraire. Seulement celui-ci ne s’en rapporta pas au hasard. Il l’aida vigoureusement. Et, à dater du traité, ce fut une lutte bien amusante entre les deux parties contractantes.

Villemessant envoyait une loge de théâtre anonyme à madame du C… À la sortie, son mari venait la chercher. Sous le péristyle il rencontrait Villemessant.
— Tiens, c’est vous, cher ami ! quel heureux hasard ! s’écriait le directeur du Figaro.
Puis, à voix basse :
— Mes deux louis !
Et l’autre s’exécutait.
Un autre jour, il le faisait inviter à dîner chez un camarade. Le débiteur arrivait sans défiance, et, en entrant dans le salon, il était accueilli par la vigoureuse poignée de main de Villemessant, accompagnée du refrain :
— Mes deux louis.
Une fois, M. du C… reçoit, au cercle, un billet parfumé lui donnant rendez-vous sur la terrasse des Feuillants. Il s’y rend, il fouille des yeux la terrasse déserte. Soudain, de derrière un arbre sort son créancier.
— Coucou ! les deux louis !
Il lui rendit ainsi quatre cent-quarante francs. Mais à la fin le malheureux se méfiait tellement que Villemessant était à peu près à bout d’expédients.
Un matin, au moment de sortir de chez lui, M. du C… reçoit des mains de son concierge un petit imprimé.
C’était une invitation du commissaire de police de passer au commissariat pour une grave affaire le concernant.
Le pauvre débiteur s’y rend, et la première personne qu’il aperçoit en entrant dans l’antichambre, c’est Villemessant, qui lui dit, en riant à se tordre :
— Mes deux louis ! car vous m’en devez encore trois, mais le dernier nous allons le manger ensemble. M. du C… s’exécuta, mais j’estime qu’en payant l’addition du déjeuner, il dut pousser un soupir de soulagement.

En 1856, Le Figaro devient bihebdomadaire. Presqu’aussitôt, nouveau procès. Le journal va être supprimé. En collaboration avec Villemot, le directeur adresse une pétition au prince impérial âgé de quatre jours. En autres choses, les rédacteurs du placet disaient ceci : « Le sujet vous paraîtra peut-être scabreux, monseigneur. Mais nous pouvons bien causer de cela entre homme, quand les petites filles sont couchées ! » L’empereur rit et fit grâce au journal.

Les gens de lettres d’alors ne menaient pas l’existence rangée de ceux d’aujourd’hui, qui pourraient servir de modèle à bien des notaires. Le créancier, et en particulier le tailleur, jouaient un rôle infiniment remarquable dans leur vie. Les démêlés de Léo Lespès avec ses fournisseurs d’habits sont innombrables. Parfois, cependant, il vivait dans les meilleurs termes avec quelques-uns d’entre eux.

C’est ainsi que Léo Lespès avait croisé souvent, dans son escalier, un grand tailleur qui demeurait au premier de sa maison.

Un jour, il va le trouver, et lui dit :
— Monsieur Scherbeck, vous serait-il agréable d’avoir vos entrées dans un théâtre ?
— Certainement, monsieur Lespès.
— Eh bien, faites-moi un complet et un pardessus et choisissez le théâtre.
— C’est convenu. Quant au théâtre, je prends… Mabille.
Le lendemain, le tailleur recevait une carte pour le bal de ses rêves.

À la fin de l’année, l’écrivain propose au tailleur de renouveler le contrat. Celui-ci accepte. Lespès court demander une nouvelle carte au père Mabille. Oh ! déception ! Mabille refuse. Plus de cartes. On en a abusé, on se les prête, etc. Mais Lespès peut faire inscrire son ami, qui n’aura qu’à se faire reconnaître au contrôle. Tranquillisé, le journaliste rapporte cette réponse au tailleur. L’industriel l’accueille froidement. Il ne lui plaît pas d’avoir l’air de demander au contrôle la permission d’entrer. Il veut sa carte, pour la tirer triomphalement et frapper d’admiration ses amis. Nouvelle course chez Mabille.
— Ma foi, dit l’imprésario, je n’ai plus de cartes que celles d’inspecteurs des mœurs. Elles n’ont, d’ailleurs, d’autres marques distinctives que leur couleur. Si vous en voulez une…
— Je crois bien, donnez !
Il rapporte la bienheureuse carte au tailleur.
À quelque temps de là, il lui dit, un jour :
— Eh bien, allez-vous souvent à Mabille ?
— Mais oui, cher maître. Et j’y suis tellement connu, maintenant, et on a un tel respect pour la qualité de journaliste que, dès que j’exhibe ma carte, tous les sergents de ville de l’entrée me tirent leur chapeau !
Le même Lespès se perdait soigneusement dans la foule chaque fois qu’il rencontrait un riche chemisier, à qui il devait une forte somme.
Par une belle après-midi de juillet, comme dans ses romans, il se trouve face à face avec le créancier, lequel était à cheval et allait faire son tour de bois, s’il vous plaît.
— Ah, ah, monsieur Lespès… Vous ne me fuirez pas, cette fois. J’ai quatre jambes pour vous rejoindre.
— Mais je ne vous fuis jamais, cher monsieur. Sapristi, vous avez un joli cheval.
Et ce disant, il caresse les jarrets de la bête.
— Nous disions donc que vous me devez huit cents francs.
— Huit cents, oui. C’est dommage qu’il ait les jarrets faibles. Si cette bête-là trottait, j’ai un lord de mes amis, qui raffole de cette robe, et qui donnerait de votre cheval dix mille francs comme un sou.
— Mais où prenez-vous qu’il ne trotte pas ?
— Oh ! je m’y connais… pas de jarrets.
— Pas de jarrets ! vous allez voir.
Le chemisier rend la main et part à l’anglaise. Au bout de cent mètres, il se retourne victorieusement.
Plus de Lespès. Il avait filé… à l’anglaise aussi.

Ces contacts fréquents avec la farouche espèce du créancier avaient évidemment inspiré aux gens de lettres d’alors une profonde sympathie pour les débiteurs et une haine féroce de l’huissier. Je trouve une trace ineffaçable de ces deux sentiments dans l’histoire du Figaro.

Un rédacteur, qu’il est inutile de nommer, était condamné à payer une somme de 1556 francs, et s’était laissé mener jusqu’à la saisie — exclusivement, ce point est important.
Villemessant paya pour son collaborateur, et chargea son huissier, Valser, de régler l’huissier de la partie civile, Baudin.
Or, sur le compte des frais, figurait 0 fr. 40 cent, coût d’une feuille de papier timbré pour la saisie, — qui n’avait pas eu lieu.
Valser refusa de payer les quarante centimes.
Gaudin déclara qu’il n’accepterait rien si on ne les payait pas, et qu’il saisirait.
Valser paya mais protesta.

À dater de ce jour, une scie inénarrable commença dans Le Figaro, pour ces quarante centimes. La veille du jour de l’an, Villemessant annonça solennellement que s’il les retrouvait jamais, il les partagerait généreusement entre les membres de sa rédaction. Ceux-ci ne voulurent pas être en reste de générosité, et déclarèrent à leur tour qu’ils les consacreraient à donner un bal au profit des détenus pour dettes, de Clichy. Le plus fort, c’est que le bal eut lieu, et qu’il rapporta 7619 francs.
À la fin, le président de la chambre des huissiers, de guerre lasse, remit solennellement les 40 centimes à M. de Villemessant. Et la rédaction répondit par un article dithyrambique, où il était dit : « Le Figaro pourra avoir fait des sottises. Peut-être même commettra-t-il des crimes. Peut-être arriverons nous, la conscience noire, devant l’éternel ; mais alors, un de nous s’avancera, et dira au souverain juge : nous n’avons qu’une excuse Seigneur ! c’est d’avoir réussi un jour à faire rendre quarante centimes par un huissier ! »

C’est peut-être le moment de faire remarquer que Le Figaro a d’autres bonnes actions à son actif. On ne compte plus les souscriptions qu’il a ouvertes, donnant le premier l’exemple de la générosité, et il serait trop long d’énumérer les infortunes qu’il a soulagées, les œuvres charitables qu’il a fait vivre.
La prospérité du journal dirigé avec ce merveilleux entrain et cette allure sémillante, alla continuellement en croissant, et Villemessant put être fier en voyant combien il avait fait fructifier les quinze cents francs que lui avait laissé la chute de la Chronique.

Il avait su s’entourer des premiers écrivains de l’époque, qui tous ou presque tous ont passé par son journal. Son secret était bien simple ; il ne reculait devant aucune dépense pour s’assurer le concours des hommes de talent. À ce point de vue, tous ceux qui vivent de leur plume lui doivent une réelle reconnaissance, car il a contribué plus que personne à élever le taux de la rémunération littéraire. Rappelons-nous, comme terme de comparaison, que Pierre Durand, une des colonnes du Siècle, émargeait trois cents francs par mois, et que Mme Emile de Girardin touchait cinq cents francs mensuels pour ses lettres du vicomte de Launay.
Le fondateur du Figaro avait pris soin d’assurer après lui les destinées de l’organe qu’il avait créé. De son vivant, il avait associé à sa direction M. Françis Magnard, son ancien secrétaire de rédaction, et MM. Perivier et de Rodays. Aussi le journal ne subit-il pas le contrecoup de sa mort. Ce triumvirat prit immédiatement en mains le gouvernail, et le navire a heureusement continué sa route.

Peu d’organes ont été aussi souvent et aussi violemment attaqués. C’est là une conséquence inévitable du succès. De plus, Le Figaro représente, en politique, une opinion conservatrice, empreinte d’un léger scepticisme, et adoucie par le bon sens. Il doit donc être nécessairement en butte à la haine des extrêmes. Dans tous les cas, il y a une chose qu’on ne peut pas lui ôter : c’est qu’il est resté, par excellence, l’organe parisien, celui qui vous apporte le plus, quand vous êtes au loin, les effluves du boulevard.
Quiconque a passé six mois loin de la France, dans les pays moroses, dans les climats de brouillard, sait avec quelle impatience on attend le moment où le libraire français met en vente Le Figaro.

Georges Price.

Le Masque
N° 46 — 1ère année - 27 juin9

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